Un truc à voir : Tel père, tel fils

Tonton Marcel en a entendu parler en suivant avec attention (en slip kangourou devant Canal) ce sombre festoche cannois qui a lieu à peu près tous les ans, et il vous bassine avec ce film depuis à peu près 6 mois ? Le voisin du beau-frère de votre sœur, qui s’y connaît en cinéma, vous a affirmé que ce film serait forcément génial puisque réalisé par un « bouffeur de sushi » et que « ils font des trucs chouettes ces gens là, peut-être pour contrebalancer leur physique ingrat » ? Bon… Vous êtes dans une famille de beaufs, d’accord. Mais surtout : écoutez-les.

Tel père, tel fils, ou plutôt Soshite Chichi ni Naru (à tes souhaits !) est le dernier né de Hirokazu Kore-eda à qui l’on doit notamment I Wish (Kiseki). Et ce film est vraiment chouette.

C’est quoi qu’est-ce un papa ? C’est quoi qu’est-ce qu’une famille ? Autant de questions maladroitement posées par un gamin mais qui raisonnent pourtant bien dans ta tête en sortant de la petite salle obscure. Tel père, tel fils invite justement, par une représentation sans concession de la société nipponne et de sa façon de se représenter la famille, à s’interroger sur ce qu’est un père. Qu’est-ce qui fait qu’on est un père ? Les liens du sang (parce que : « un papa, une maman, on ne ment pas aux enfants », comme disent certains abrutis adorateurs fous d’un type pourtant né il y a environ 2000 ans de deux papas et une maman) ? Ou bien plutôt le fait d’avoir éduqué le mioche ?

Après un événement prétexte à faire naître ces interrogations, l’histoire se déroule, laissant certains personnages évoluer du tout au tout. Tout ça dans un registre dramatique bien réalisé, fort bien joué par des acteurs parfois très jeunes (mais non moins talentueux) et chouettement bien filmé (avec de belles images signées Takimoto Mikiya tout le long du flim). Si tu lâches pas ta larmichette, franchement t’es radin.

Résumons-nous : c’est beau, c’est fort, c’est émotionnant, ça te fait te poser des questions intéressantes. Ça révèle la bizarrerie (vue d’un œil d’occidental bobo parisianiste) que peuvent prendre les relations humaines au Japon, ça traite de l’enfance et de la construction de l’enfant dans et via sa famille… Alors oui, tu passes peut-être deux heures dans la salle mais comme c’est un très bon travail qu’on te montre, t’as même pas le temps de te demander ce que tu vas manger ce soir ou si t’as bien coupé le radiateur en partant. C’est un bon flim, et parce qu’il a réussi à me faire pleurer comme un veau avec toute la salle, se mouchant de concert lors du générique de fin, je lui mets la note suprême du 5 sur 5. Cours vite dans ton obscure salle et fous-t’en plein les mirettes.

En résumé…

Tel père, tel fils

Tel père, tel fils

Réalisation : Hirokazu Kore-eda

Photographie : Takimoto Mikiya

Scénario : Hirokazu Kore-eda

Pays : Japon

Année : 2013

Résumons-nous : c’est beau, c’est fort, c’est émotionnant, ça te fait te poser des questions intéressantes.

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