Leto

Tu t’imagines bien qu’avec un synopsis comme celui-ci, où on me parle Iggy Pop, Lou Reed et URSS, c’était un peu obligé que j’aille voir ce flim. C’est chose faite. Eh bien, contrairement d’ailleurs à tous ceux avec qui j’en ai parlé, je n’ai pas aimé. Vraiment pas.

Déjà, je déteste les comédies musicales. C’est comme ça, je n’aime pas ça. Chacun son truc, il y a bien des gens qui vont regarder les Marvel et les DC Comics, je ne leur dis rien. Mais qu’on ne vienne pas me parler de comédie musicale. Alors voilà, quand très régulièrement des scènes au début normales (et pas si mal en plus) se transforment pour ressembler à une comédie musicale, là, j’abandonne. Tout un groupe de gens qui massacre en chantant faux un grand succès d’Iggy Pop, ça m’énerve.

Ensuite, j’ai eu du mal à saisir le propos. Qu’est-ce qu’on doit voir ? Une petite fable sur la naissance du rock et les espoirs de libertés individuelles lors des dernières années de l’URSS ? Ou une espèce de délire d’un type qui aime le rock et qui, tout galvanisé par de la musique pêchue, aurait bien voulu s’opposer frontalement aux autorités de l’époque, mais en fait, se remémore qu’il n’a jamais bougé le petit doigt ? Parce que qu’est-ce que c’est que ce foutu personnage de merde qui revient à chaque fin de scène « d’action » nous dire que tout cela n’a jamais existé ? On nous montre un truc, on utilise des grosses ficelles pour que l’on rentre dedans (musique à fond, scène d’action, dessin animé, inscriptions à l’écran, opposition aux autorités…) et, paf, on nous dit « non non, en fait on déconne, revenons-en au flim maintenant ». Plusieurs fois. C’est… nul.

Donc, au delà du procédé bizarre qui rend, à mon sens, le propos un tantinet obscur,  voire inexistant, on a aussi la trame scénaristique du flim : un banal triangle amoureux. J’ai trouvé ça un peu téléphoné et pour le moins décevant : on voit dès la première scène où les personnages se croisent qu’il va se passer ce qui se passe ensuite, c’est juste évident, et pourtant c’est ce qu’a choisi le réalisateur comme trame. Un triangle amoureux, et le coup de l’élève qui dépasse le maître, tout ça c’est vachement original, et c’est aussi la porte ouverte à un autre écueil : les multiples longueurs du scénario.

Dans les points positifs, le chef op’ (Vladislav Opelyants) nous sert un petit noir & blanc sympathique et quelques plans très chouettes. Ça, il faut le dire ! Et il y a quelques moments plutôt drôles quand on fait attention aux paroles des chansons, c’est assez… absurde ; ou bien encore les scènes de concert surveillés par les autorités. Mais encore une fois, ce sont d’autres points négatifs qui me viennent à l’esprit, comme par exemple les fausses images (et musiques) d’archives, avec notamment un son qui sonne définitivement pas années 80.

Au final, voilà un flim dispensable, au propos vain mais heureusement qu’on oublie facilement. À ne pas aller avoir, à moins de vouloir coûte que coûte chercher à rentabiliser sa carte illimitée.

En résumé…

Leto

Leto

Réalisation : Kirill Serebrennikov

Photographie : Vladislav Opelyants

Scénario : Lily Idov, Mikhail Idov, Kirill Serebrennikov

Pays : Russe, France

Année : 2019

Voilà un flim dispensable, au propos vain mais heureusement qu'on oublie facilement.

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