Une affaire de famille

Hirokazu Kore-eda, réalisateur que je connaissais pour Tel père, tel fils (que j’avais plutôt bien aimé), revient avec Une affaire de famille, raflant au passage rien de moins que la palme d’or à Cannes. Encore une fois, la question de la filiation et de la famille sont au centre du propos.

Dans ce flim, on suit le quotidien d’un groupe – se prétendant une famille – qui vit chichement sous le même toit, entre la pension d’une retraitée, le salaire d’une hôtesse, celui d’une lessiveuse et les chapardages d’un homme et d’un gamin qui écument les magasins environnant. Ils partagent leur intimité jusque dans la même pièce malgré l’absence de lien familial. Ceux-ci finissent par recueillir une petite fillette battue par ses parents, et c’est là que démarre l’histoire.

C’est la question de la filiation, et de ce qui fait le lien familial, qui est encore une fois au centre de ce flim. Quand est-on père ? Comment le devient-on ? Et, comme on le voit d’ailleurs lors d’un dialogue entre deux personnages, peut-on être mère sans accoucher, et le devient-on forcément lorsqu’on accouche ? Autant de questions qui sont posées dans un environnement où les personnages s’entraident et se serrent les coudes, sans liens familiaux, alors que la présence d’un lien familial n’empêche pas une fillette d’être battue par ses parents. Au delà de ces questions, on voit aussi la violence économique de la société (japonaise), étant donné que les personnages filmés sont des marginaux. Le lieu où se déroule quasiment tout le flim, déjà, une vieille maison traditionnelle aux pieds d’immeubles récents. Les boulots des personnages, ensuite : entre la jeune fille qui se voit réduite à monnayer son corps, la plus âgée qui se fait d’abord imposer un temps partiel avant de se faire licencier, ou encore l’intérimaire qui n’est pas indemnisé lorsqu’il se blesse au travail justement parce qu’il n’est qu’intérimaire.

Dans l’ensemble, c’est un flim bien construit, un drame social où l’histoire se déroule sans longueurs et avec une douceur dans le traitement des personnages qui sont montrés et non pas jugés pour leurs actions. Je trouve d’ailleurs qu’on est là beaucoup moins dans le pathos dans lequel sombrait un peu Tel père, tel fils, il n’y a pas vraiment le but de (trop) jouer avec les émotions, et  c’est très bien comme ça. La photographie est aussi plutôt jolie, et on a le droit à quelques plans bien sympathiques, notamment dans la maison ou à la plage.

En résumé…

Une affaire de famille

Une affaire de famille

Réalisation : Hirokazu Kore-eda

Photographie : Ryuto Kondo

Scénario : Hirokazu Kore-eda

Pays : Japon

Année : 2018

Un flim bien construit, un drame social où l'histoire se déroule sans longueurs et avec une douceur dans le traitement des personnages.

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