The Mule

Avec The Mule (ou La Mule dans les salles françaises), Eastwood signe un flim à son image : réactionnaire et poussif. N’oublions pas que ce mec est membre du « grand » old party depuis les années 50, a supporté tout ce que les USA ont fait de pire comme présidents, à commencer par Trump, et était un bon pote à Charlton Heston, un mec qui aimait bien les flingues.

Et, y a pas à dire, c’est plutôt un bon réalisateur, tout ça ; mais le fait que ce mec soit humainement un mélange entre un étron et Sarkozy, bah, ça se ressent dans ce qu’il produit. On a donc tour à tour droit à des scènes très embarrassantes, comme lorsqu’il tourne en ridicule qu’un mec qui semble issu de l’immigration prenne peur lors d’un contrôle de police. Ah oui, c’est super rigolo d’en faire une scène comique, connard. Aux États-Unis, 998 personnes ont été tuées par la police en 2018 (source : Washington Post).

Et l’ensemble est chiant. Tout est attendu dans ce flim où dès le début, on s’attend à une succession de voyages de la mule. Et c’est ce qui se passe. On se doute bien que le flic que l’on suit en parallèle va bien finir par l’arrêter, surtout lorsqu’ils se croisent, et cela fini par arriver. Question scénario, donc, on est au niveau zéro du flim dramatique bien mené. Toutefois, à certains moments, on sent qu’on regarde un flim fait par un réalisateur qui a quand même un peu de savoir-faire. Lorsque le chef du cartel se fait tuer par ses propres hommes, par exemple, une certaine tension s’installe et rythme les quelques scènes qui suivent. À un moment, un banal contrôle routier installe lui aussi, d’un coup, beaucoup de tension ; même si cette scène fini d’une façon ridicule et énervante, lorsque le personnage offre du maïs (?!) à ce sheriff. Dommage, car ces scènes empreintes de tension sont aussi l’occasion pour la photographie d’être plutôt intéressante (à l’image de l’illustration de cet article), contrairement à l’esthétique banale et peu originale du reste des images.

Si Eastwood campe bien le personnage du vieux con (putain, c’qu’il est naïf ce mec, et chiant à chantonner dans sa bagnole !), côté réalisation, il a clairement perdu de sa superbe. Le flim, poussif, se déroule lentement et de façon attendue, sans qu’on ne soit jamais réellement surpris ou intéressé. La bonne morale catho et manichéenne à propos de l’importance de la famille et du pardon, rabâchée à l’envie, achève de nous faire détester ce flim.

En résumé…

The Mule

The Mule

Réalisation : Clint Eastwood

Photographie : Yves Bélanger

Scénario : Nick Schenk

Pays : États-Unis

Année : 2019

Le flim, poussif, se déroule lentement et de façon attendue, sans qu'on ne soit jamais réellement surpris ou intéressé. La bonne morale catho et manichéenne à propos de l'importance de la famille et du pardon, rabâchée à l'envie, achève de nous faire détester ce flim.

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